Être pour faire ou faire pour être ?

Nul ne se construit jamais seul.

Chacun de nous se façonne dans un jeu de miroirs entre ce qu’il est pour lui-même et ce qu’il est pour les autres.

- D’un côté, jouer un rôle dans la société, même modeste, quel qu'il soit, change notre regard sur nous-mêmes. Consciemment ou inconsciemment en notre fort intérieur, une forme de stabilité apparaît, une réconciliation avec notre propre entité.

- D’autre part, ce que nous faisons pour nous-mêmes, ce que certains nomment des "hobbys", peindre, jouer d'un instrument de musique, chanter, jardiner, bricoler, créer, réfléchir, cultiver une passion, en résumer tout engagement personnel qui est en relation avec notre propre nature,  donne une couleur particulière à notre place parmi les autres. Comme si cette singularité éclairait d'une lueur particuliaire notre identité au sein d'un collectif.

Ainsi, image de soi et image sociale avancent ensemble. L’une se construit dans le regard des autres, l’autre dans notre vie personnelle. Entre les deux, nous ne choisissons pas : elles sont en interaction en permanence.

Cette relation éclaire aussi une autre tension : celle entre, être et faire.

Dans la vie quotidienne, certains agissent beaucoup, mais oublient de se demander qui ils sont vraiment.

D’autres, au contraire, restent dans la réflexion sans passer à l’action. Trouver un juste équilibre entre les deux n’est pas évident.

Un exercice simple permet d’en prendre conscience : ne rien faire, volontairement, pendant quelques instants. Très vite, un malaise apparaît. Comme si rester immobile allait contre quelque chose de fondamental. Car vivre, c’est bouger, agir, transformer.

Cela nous amène à un paradoxe.
À chaque instant, une situation est en équilibre, même si certains de ses aspects nous déplaisent. Puis, l’instant d’après, un nouvel équilibre apparaît, différent du précédent.

Ce qui semble difficile à accepter, c’est que ces deux équilibres puissent être à la fois réels et différents. Nous cherchons quelque chose de stable, alors que tout est en mouvement. Pourtant, la nature nous le montre en permanence : rien ne reste identique, et malgré cela, tout tient.

Ainsi, l’individu, comme toute chose, se déploie dans cet entrelacement de tensions : entre soi et les autres, entre être et faire, entre stabilité et mouvement.


Comprendre cela ne résout pas l’énigme, mais permet peut-être de l’habiter autrement.

 

Ne vous privez pas de commentaires sur ce sujet, à moins que vous ayez déjà résolu cette "énigme". 🤣